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SOS Allergo

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SOS Allergo · Je comprends & je gère

Peau, urticaire & angio-œdèmes

Phytodermatoses

Quand les plantes irritent, allergisent… ou réagissent avec le soleil

Dans cette fiche

Les 3 repères essentiels

  1. Une phytophotodermatose n’est généralement pas une allergie

    Certaines plantes contiennent des furocoumarines. Sur la peau puis exposées aux UVA, elles peuvent provoquer rougeur, brûlure, œdème ou bulles, puis une pigmentation brune. Aucune sensibilisation préalable n’est nécessaire.

  2. Une vraie allergie de contact aux plantes existe aussi

    Après sensibilisation, de nouvelles expositions peuvent déclencher un eczéma retardé. Les lactones sesquiterpéniques de nombreuses Astéracées/Composées sont des allergènes végétaux classiques.

  3. La forme des lésions raconte souvent ce qui s’est passé

    Coulures, empreintes de doigts, éclaboussures ou limites de vêtements peuvent orienter vers une phytophotodermatose. Photographiez les lésions tôt.

Les principaux types de phytodermatoses

Type
Irritative
Mécanisme
Agression directe de la peau
Aspect / délai typique
Brûlure, rougeur, fissures ; souvent rapidement.
Type
Allergique de contact
Mécanisme
Réaction immunologique retardée
Aspect / délai typique
Eczéma, démangeaisons ; souvent 24–72 h après contact.
Type
Phytophotodermatose
Mécanisme
Plante phototoxique + UVA
Aspect / délai typique
Érythème / brûlure ± bulles puis pigmentation.
Type
Urticaire de contact
Mécanisme
Réaction immédiate, parfois IgE
Aspect / délai typique
Plaques/urticaire en quelques minutes.
Type
Mécanique
Mécanisme
Épines, poils, trichomes…
Aspect / délai typique
Douleur ou inflammation localisée.

Phytophotodermatoses : agrumes, figuier, berce et parfums

Quelles plantes peuvent être en cause ?

Plante / famille
Citron vert / lime
Expositions typiques
Cocktails, cuisine, boissons sur la plage.
Plante / famille
Citron / certains agrumes
Expositions typiques
Jus, zestes, cuisine.
Plante / famille
Bergamote
Expositions typiques
Certains parfums ou huiles parfumées.
Plante / famille
Figuier
Expositions typiques
Feuilles et sève lors du jardinage.
Plante / famille
Panais, céleri, persil
Expositions typiques
Cuisine, maraîchage, jardin.
Plante / famille
Rue
Expositions typiques
Jardinage.
Plante / famille
Berce du Caucase
Expositions typiques
Contact extérieur ; brûlures phototoxiques parfois sévères.

Le « lime disease » : citron vert + soleil

Scénario typique : presser des citrons verts ou préparer des cocktails → jus sur les mains/avant-bras → exposition solaire → réaction dans les heures suivantes. Le terme « margarita burn » ou « margarita photodermatitis » est aussi utilisé.

Le dessin des lésions est parfois un indice

  • coulures verticales ;
  • empreintes de doigts ou de main ;
  • éclaboussures irrégulières ;
  • zones protégées par les vêtements épargnées.

L’aspect peut mimer une brûlure, une infection ou une dermatite de contact. Chez l’enfant, certaines formes très géométriques peuvent même être trompeuses.

Figuier et berce du Caucase

La sève et les feuilles de figuier (Ficus carica) peuvent provoquer des réactions bulleuses parfois étendues. La berce du Caucase peut provoquer de véritables brûlures phototoxiques après exposition solaire.

La « dermite en breloque »

La dermite en breloque (berloque dermatitis) est une photodermatose historique liée à certaines préparations parfumées contenant des furocoumarines de bergamote puis exposées au soleil. Elle peut donner des coulures pigmentées sur le cou ou le décolleté, parfois précédées d’une phase rouge ou bulleuse.

Vraies allergies végétales, métiers exposés et exploration

Allergie de contact aux plantes : quels allergènes ?

Une dermatite allergique de contact donne plutôt un eczéma avec démangeaisons, rougeur, vésicules et desquamation. Elle nécessite une sensibilisation préalable.

Exposition
Astéracées / Composées : chrysanthème, camomille, arnica, achillée…
Allergène / particularité
Lactones sesquiterpéniques ; dermatite parfois aéroportée du visage, cou et avant-bras.
Exposition
Ail / oignon
Allergène / particularité
Composés soufrés, dont diallyl disulfide ; surtout mains très exposées.
Exposition
Tulipe / Alstroemeria
Allergène / particularité
Tulipaline A ; classique chez certains fleuristes.
Exposition
Primevère
Allergène / particularité
Primin ; allergène végétal classique.

Le métier peut être la clé

Jardiniers, fleuristes, maraîchers, agriculteurs, forestiers, cuisiniers et personnels de restauration peuvent présenter des phytodermatoses irritatives, allergiques ou immédiates. Plusieurs mécanismes peuvent coexister.

Urticaire de contact et dermatite de contact aux protéines

Certaines plantes, fruits, légumes ou produits végétaux peuvent provoquer en quelques minutes démangeaisons, plaques en relief ou gonflement. Chez des professionnels manipulant quotidiennement des aliments frais, une dermatite de contact aux protéines peut associer eczéma chronique des mains et poussées rapides après contact.

Comment se déroule l’enquête ?

Question
Qu’avez-vous touché ?
À noter
Plante, fruit/légume, feuilles, tiges, sève, jus ou zeste.
Question
Où et quand ?
À noter
Jardin, cuisine, travail, vacances, plage ; date et heure approximatives.
Question
Soleil ensuite ?
À noter
Exposition UVA dans les heures suivantes.
Question
Produit appliqué ?
À noter
Parfum, huile essentielle, cosmétique, préparation végétale maison.
Question
Aspect des lésions ?
À noter
Coulures, plaques, bulles, eczéma, urticaire ; photo précoce si possible.

Quels examens peut-on proposer ?

  • Phytophotodermatose typique : diagnostic surtout clinique ; examens biologiques généralement inutiles.
  • Suspicion d’allergie de contact : patch-tests avec allergènes adaptés (lactones sesquiterpéniques, primin, tulipaline A, diallyl disulfide, etc.).
  • Réaction immédiate : prick-test, prick-to-prick ou autres explorations immédiates selon l’histoire.
Décrire vos symptômes cutanés

Que faire, comment prévenir et quand consulter ?

Après un contact avec une plante phototoxique

Comment soigne-t-on une phytophotodermatose ?

La plupart des formes sont traitées de manière symptomatique : arrêt de l’exposition, photoprotection, soins locaux, émollients et parfois dermocorticoïdes selon l’importance de l’inflammation et l’avis médical. Les formes très bulleuses ou étendues peuvent nécessiter une prise en charge médicale plus importante.

La pigmentation peut durer

Une pigmentation brune peut persister plusieurs semaines après disparition de l’inflammation. Cela ne signifie pas que la réaction continue.

Prévenir une nouvelle réaction

  • Identifier la plante ou le produit en cause.
  • Laver rapidement la peau après contact avec sève, jus ou zeste phototoxique.
  • Éviter le soleil/UVA sur la zone exposée ; porter gants et vêtements adaptés pour certaines activités.
  • Ne pas appliquer volontairement une plante suspecte sur la peau.

Diagnostic différentiel : ce n’est pas toujours une plante

Selon l’aspect, une phytodermatose peut ressembler à un eczéma allergique, une brûlure thermique ou chimique, une infection cutanée, un zona, une dermatose bulleuse, des piqûres ou une réaction médicamenteuse.

Les idées reçues

Idée reçue
« Une réaction à une plante est forcément une allergie. »
Message SOS Allergo
Faux : irritation et phototoxicité sont fréquentes.
Idée reçue
« Il faut déjà être allergique pour faire citron vert + soleil. »
Message SOS Allergo
Faux : la phytophotodermatose est surtout phototoxique.
Idée reçue
« Lime disease = maladie de Lyme. »
Message SOS Allergo
Non : ici lime signifie citron vert.
Idée reçue
« Une trace en coulure signifie forcément un produit chimique. »
Message SOS Allergo
Une phytophotodermatose peut exactement prendre cette forme.
Idée reçue
« Je peux faire moi-même un patch-test avec la plante. »
Message SOS Allergo
Non : certaines plantes sont irritantes ou sensibilisantes.

Avant votre consultation : la checklist SOS Allergo

  • date de début des lésions et activité dans les 24–48 h précédentes ;
  • jardinage, cuisine, travail, vacances ; soleil/UVA après le contact ;
  • plante, fruit ou légume manipulé ; sève, feuilles, jus ou zeste ;
  • parfum, huile essentielle ou cosmétique appliqué ; profession ;
  • réaction immédiate ou retardée ; brûlure ou démangeaison dominante ;
  • photos des lésions aux différents stades et photo/nom de la plante si disponible.

À retenir

Toutes les réactions aux plantes ne sont pas des allergies. Devant une lésion inhabituelle, la question la plus utile est souvent : « Qu’ai-je touché avant de m’exposer au soleil ? ». Le dessin des lésions, la chronologie et une photo de la plante permettent souvent d’éviter des examens inutiles et de prévenir une nouvelle réaction.

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Références principales
  1. Bălăceanu-Gurău B, et al. New Insights Concerning Phytophotodermatitis Induced by Phototoxic Plants. Life. 2024;14:1019.
  2. Lacroix G, Samaran Q, Herlin C. Phytophotodermatitis: An under-recognized diagnostic pitfall in chemical burns. Ann Chir Plast Esthet. 2026.
  3. Jiang SY, et al. Lime-Induced Phytophotodermatitis. J Allergy Clin Immunol Pract. 2024.
  4. Paulsen E. The sesquiterpene lactone mix. Contact Dermatitis. 2023;89:434–441.
  5. Uter W, et al. ESCD Guideline for Diagnostic Patch Testing - Update 2026. Contact Dermatitis. 2026;95:237–275.
  6. Wang L, et al. Berloque dermatitis induced by “Florida water”. Cutis.
  7. Sasseville D. Phytodermatitis. J Cutan Med Surg. 1999.

Cette fiche informe et aide à préparer la consultation. Elle ne remplace pas un avis médical ni les consignes d’une équipe spécialisée.

Révision scientifique : septembre 2026 · sosallergo.fr

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